La bataille pour accrocher la sixième place fait rage et Béziers est la proie convoitée par la meute. Avec 64 points au classement, l'ASBH est talonnée par Vannes (63 points) mais aussi par le SA XV (58 points). En d'autres termes, les Sudistes ont endossé le costume du chassé. Présents à deux reprises en phases finales sur les quatre dernières saisons, les Rouge et Bleu y croient mais peinent à distancer leurs concurrents.

Excepté une embellie en novembre et décembre où les Héraultais ont remporté six victoires consécutives, Béziers souffre d'irrégularité. A l'image de deux dernières journées où les Biterrois se sont imposés à Massy (24-27) puis ont craqué à domicile contre Biarritz (12-23). Avant le déplacement en Charente (vendredi soir, 20 heures), David Gérard, ex-deuxième ligne et coach des avants bitterois, fait le point.

" Sud Ouest " Comment jugez-vous la saison de votre équipe, sixième au classement malgré les difficultés à enchaîner les performances ?

David Gérard Avec les moyens que l'on a, je trouve que l'on fait une bonne saison dans sa globalité, même si on aurait pu faire mieux. Cet été, durant l'intersaison, nous avons remplacé une gros tiers du collectif et l'équipe dans son ensemble est réduite. On a dû reconstruire un groupe et cela prend un peu de temps. Le système de jeu n'était pas connu de tous.

Vous évoquez les moyens du club. Pourtant, le budget n'a pas baissé à l'intersaison (le budget de Béziers est passé de 6,8 à 7,4 millions cet été, soit le huitième de ProD2) ?

Effectivement, mais notre masse salariale n'est pas énorme. Je crois que l'on fait des choses intéressantes dans ce cadre. Maintenant, on aimerait rapidement valider notre billet pour lesphases finales. En perdant le week-end dernier contre le Biarritz Olympique à domicile, on s'est tiré une balle dans le pied.

Le match aller entre Béziers et le SA XV s'était joué à peu de choses (victoire 25-21 de Béziers et bonus défensif pour les Charentais). Vous vous attendez à une rencontre toute aussi serrée demain ?

Je l'espère, parce que cela voudra dire qu'on est dans le coup ! Je m'attends à un match compliqué. L'année dernière, on en avait pris 30 dans la musette à Chanzy (32-8 en janvier 2018, NDLR). C'est une équipe en forme qui a perdu à Montauban en effectuant un gros turnover. On va jouer notre va-tout. On est un peu comme toutes les équipes en ce moment, on souffre des blessures et on va venir à Angoulême en comptant douze absents.

Vous jugez votre équipe trop diminuée pour être compétitive ?

On est diminué et à flux tendu. On joue un bloc crucial pour notre avenir. Mais les joueurs absents à Angoulême sont remplacés par d'autres gars de qualité. Il y aura de la jeunesse dans ce groupe et on espère que cela nous donnera de la force à Chanzy. On va voir ce qu'on a dans le ventre et comment vont réagir les joueurs après la défaite à domicile contre Biarritz.

Cette saison, aucun joueur héraultais n'apparait dans le top 15 des marqueurs d'essais. Est-ce parce que vous faites tourner votre effectif ou parce que vous manquez de serial marqueur ?

En début de saison, nous avions dit que la star serait l'équipe. Nous ne sommes pas dépendant d'un seul joueur. Mais nous n'avons pas non plus de chasseur d'essais comme cela a pu être le cas à une époque. On essaie de palier notre manque de grosses individualités par un collectif fort. Nous avons un groupe de bons joueurs mais nous n'avons pas d'extraterrestre.