FRANCE - SUÈDE Confrontées à leurs vieux démons offensifs, les Françaises ont été tenues en échec par la Suède et devront jouer leur qualification pour les phases finales mercredi contre la Serbie.

Redoutables en attaque lors des quatre derniers matchs de l'Euro, les handballeuses françaises semblaient avoir réglé leur problème d'efficacité. Mais hier après-midi à Nantes, les Tricolores sont retombées dans leurs travers face à des Suédoises remobilisées suite à leur défaite contre le Monténégro (28-30). Dans les premières minutes de la rencontre, devant les 7 200 spectateurs de la Hall XXL qui tapent des pieds et battent des mains, les Françaises semblent crispées. Opportunistes, les Suédoises en profitent pour prendre le jeu à leur compte. Sur sa première tentative, Camille Ayglon-Saurina manque d'attraper le cadre.

Puis c'est au tour d'Estelle Nze-Minko, brillante depuis le début de la compétition avec un 18/19 au shoot, de trouver les poteaux. Derrière, un pénalty est sifflé suite à une mauvaise défense sur la capitaine Siraba Dembélé. Mais Allison Pineau bute sur sa coéquipière à Brest, la redoutable gardienne Flippa Idehn. C'est finalement l'ailière droite Laura Flippes qui mettra un terme à ces premières minutes de disette (1-3 à 5').

Le plan " Anti-Gullden "

Alors que les Tricolores avaient annoncé un plan pour contrer la terrible meneuse de jeu Isabelle Gullden, la demi-centre suédoise garde les mains libres en attaque. La star nordique, qui fêtait sa 200e sélection, a marqué (6 buts), tenu son rôle d'organisatrice, et distribué de belles passes au pivot. " En première période, on n'a pas réussi à museler Bella Gullden", résumait Allison Pineau. "On a défendu beaucoup trop bas. "

Trop attentistes en défense, les handballeuses françaises ne sont pas davantage percutantes en attaque. Les Bleues se trompent dans leurs choix offensifs à l'image des deux actions vendangées par Kalidiatou Niakaté, ou de ces passes imprécises à destination de la pivot Astrid N'Gouan. Après vingt minutes de jeu, Olivier Krumbholz pose un premier temps mort pour calmer ses troupes et fournir des solutions. L'arrêt de jeu remet les Bleues dans le sens de la marche. Amandine Leynaud enchaîne deux parades consécutives. Grâce Zaadi puis Pauline Coatanea trouvent les filets et la France égalise (9-9, 22e). Mais la sortie pour deux minutes de la patronne défensive Béatrice Edwige se fait clairement sentir. À la mi-temps, les Scandinaves qui mènent la danse (14-11).

En seconde période, la tension monte encore d'un cran. Pour les deux équipes, chaque but inscrit est le fruit d'une féroce bataille. La Béarnaise Alexandra Lacrabère (5 buts), impeccable au pénalty, permet aux siennes de rester au contact. Après quarante minutes de jeu, le score est toujours aussi serré mais ce et les Suédoises font la course en tête (18-16, 40e). Pendant dix minutes, aucune des deux formations ne parvient à inscrire le moindre but.

Une fin de match irrespirable

Le money-time devient oppressant. Les Françaises jouent trop près de la défense suédoise qui empêche la mise en place de bon nombre de combinaisons stratégiques. Laura Glauser, rentrée à la mi-temps, est cependant inspirée dans ses cages. La gardienne permet aux Bleues de rester dans le coup (46 % d'arrêts au total pour la Messine).

La portière Filippa Idenh, désignée meilleure joueuse du match, casse les contre-attaques tricolores au prix de magnifiques parades. A la cinquantième minute, Grâce Zaadi se sacrifie en attaque et offre un pénalty au clan français.

Alexandra Lacrabère se charge de faire bondir de joie les spectateurs nantais qui ne se rassiront plus. La chaleur est étouffante, le public est bouillant, et l'ambiance, monstrueuse. A la 58e minute, la France a l'occasion de prendre les devants pour la première fois de la rencontre. Mais Orlane Kanor, pourtant brillante depuis plusieurs minutes avec ses tirs surpuissants, manque le cadre sur sa dernière tentative.

Le score demeure inchangé (21-21). Un résultat qui colle avec la physionomie de la rencontre. " Ce match, on peut le perdre dix fois", réagissait la pivot Béatrice Edwige. "Notre manque d'efficacité au tir a énormément pesé. Ce soir, c'était un jour sans dans notre duel tireuse-gardienne. Mais je suis contente de notre réaction. On a une eu grande Laura Glauser dans les cages. On en a encore dans le coeur, ça fait vraiment du bien d'être revenu au score. "