Une année après avoir conquis le titre mondial, la Gantoise Alexandra Lacrabère et l'équipe de France sont devenues championnes d'Europe dimanche à Bercy. Devant 14 060 spectateurs, record d'affluence pour un match de hand féminin, les Bleues ont battu la Russie (21-24). Elles remportent un trophée continental qui échappait jusque-là aux Tricolores. Avec 25 buts, dont neuf penalties, Alexandra Lacrabère, 31 ans, a fait parler son expérience et la force de son bras gauche, notamment en finale, où elle est la meilleure buteuse des Bleues avec 6 réalisations. Quelques minutes après le coup de sifflet final, juste avant d'asperger de champagne ses coéquipières dans les vestiaires, Alexandra Lacrabère nous livrait ses sentiments.

" Sud Ouest " Dans quel état ressortez-vous de cette finale ?

Alexandra Lacrabère Je suis épuisée et vraiment contente. C'est fou ce qu'on vient de faire. On est la troisième équipe à réaliser le doublé titre mondial et européen, après la Norvège et le Danemark. Nous aussi, on a appris à gagner, nous aussi on a appris à être bonne en attaque.

Vous avez fait preuve de maîtrise sur la fin du match, malgré le déroulé de la rencontre...

On a eu cette maîtrise tout au long de la compétition. On a mené nos matchs de bout en bout, excepté sur la première rencontre contre la Russie (NDRL défaite 23-26 le 29 novembre). Ce jour-là, nous avons été submergées par les émotions, dans le contexte d'une compétition à domicile. Après, on a su se remobiliser, se remettre en question. Je suis fière de faire partie de cette équipe de France et de son staff qui fait un boulot énorme. Je suis vraiment heureuse aussi pour Olivier (NDLR Olivier Krumbholz, le coach). Depuis qu'il est revenu, il nous a apporté beaucoup de sérénité. Même si on le voit s'énerver sur le banc, il nous calme énormément.

Vous-même, vous avez fait preuve de sérénité sur les ultimes penaltys et actions. La sortie d'Allison Pineau sur un carton rouge à la 36e minute aurait pu déstabiliser l'équipe...

Je l'ai eue tout au long de la compétition cette sérénité. J'ai progressé énormément sur ça. Je savais que le groupe m'attendrait là-dessus. J'ai eu les épaules pour amener l'équipe à ce résultat. Tout le monde a été bien. Doudou (NDLR la gardienne Amandine Leynaud) a encore fait un super match. C'est vraiment une victoire d'équipe. Cette compétition on l'a gagnée parce que collectivement on a été forte.

Vous avez été portées par l'ambiance de Bercy.

Le public a été énorme. Quand Allison se fait sortir, ça sifflait de partout. Ca met encore plus la rage. Les arbitres n'ont pas été très bonnes mais c'était des deux côtés. Cette paire d'arbitres nous va parce qu'elle était aussi là pour la finale des championnats du monde. Je les veux bien aussi aux Jeux Olympiques !

En 2007, à Bercy, vous aviez regardé la finale Norvège-Russie depuis les tribunes. Vous disiez que vous n'aviez pas pu rester car il y avait trop d'émotions à l'époque. Maintenant vous êtes championne d'Europe à la maison...

Ce n'est pas une revanche sur ma carrière car je suis fière de ce que j'ai fait en équipe de France. Je suis fière de l'évolution que j'ai eu sur le plan du hand et du mental. J'ai grandi avec cette équipe. Juste avant de rejoindre le terrain, j'ai craqué dans les vestiaires parce que c'est la fin d'un cycle avec certaines joueuses. J'étais triste et j'avais vraiment envie de gagner avec elles. Au-delà du sportif, humainement, c'est super fort ce qu'il y a entre nous.

Vous irez deux fois au Japon, pour le mondial fin 2019 et pour les Jeux Olympiques un an plus tard ?

Si mon corps le veut bien et que le sélectionneur veut encore de moi, j'irais au Japon.