NAUTILIS Malgré son développement, l'apnée reste une discipline confidentielle, même si ce week-end, 50 amateurs ont tenté de faire bouger les idées reçues.

L'atmosphère était entièrement dédiée à la concentration, à la relaxation, voire à la méditation, hier à Nautilis. Le centre aquatique de Saint-Yrieix accueillait une manche de Coupe de France d'apnée, une discipline en plein développement. Peu de public mais une cinquantaine d'amateurs venus se mesurer les uns aux autres. Avant de rentrer dans l'eau, dans les tribunes des bassins, les apnéistes s'étiraient, allongés sur leurs serviettes, écoutant de la musique et tentant de faire le vide.

Le champion du monde déçoit

Si le comité départemental de la Fédération française d'études et des sports sous-marins (FFESSM) souhaitait voir de nombreux records qui tombent, ce fut un peu moins le cas qu'espéré. À commencer par la contre-performance de Vincent Mathieu, champion du monde en 2016, qui ne parvint pas à dépasser les huit minutes en apnée statique. " Je reviens d'un stage que j'organisais au Mexique et j'ai subi le décalage horaire, expliquait-il. J'ai fait une grosse insomnie cette nuit et j'ai, dès le début, j'ai eu la sensation d'hyperventiler alors que ce n'était pas le cas. J'ai préféré ne pas puiser dans mes réserves et ne pas risquer l'accident. Du coup, je suis déjà impatient de la prochaine compétition ! "

Reconnu et actif dans le milieu, le Bordelais, instructeur professionnel d'apnée, a vu son sport se développer ces dernières années. " On aurait aimé que l'apnée soit aux Jeux olympiques pour gagner en visibilité. Pour l'instant, l'apnée a encore une image dangereuse auprès du grand public à cause des syncopes. Si un joueur se pète les croisés en foot ou en rugby, cela ne choque personne. Mais en apnée, il y a encore de la crainte. " Pour rendre les compétitions plus intelligibles, certains événements s'attachent les services d'un speaker, d'écrans géants et de caméras sous-marines afin de rendre plus vivante les épreuves.

Un vainqueur de 61 ans

C'est Eric Lachiver qui a pris la tête de la compétition d'apnée statique avec un temps de 7'29. À 61 ans, il démontre que l'apnée est un sport ouvert à tous les âges. " Je faisais de la plongée et je me suis mis à l'apnée à 50 ans, partage celui qui était aussi le médecin référent sur les épreuves de l'après-midi. C'est en ce moment que je fais mes meilleures performances. C'est toujours l'addition d'une multitude de paramètres. Il faut être dans un bon état de santé pour avoir un bon cardio et trouver un équilibre mental. La maîtrise vient avec l'expérience mais il y a des variables que l'on n'explique pas toujours. "

Magalie Siterre a quant à elle battu le record de France d'apnée dynamique bi-palmes qui consiste à accomplir la plus longue distance sous l'eau sans respirer. Elle est parvenue à réaliser 202,80 mètres sans jamais reprendre son souffle.