Après ce qui leur était tombé sur le coin du museau à Bayonne (60-9), on pensait le SA XV vacciné contre ces matchs lâchés. La petite correction reçue le week-end dernier à Bourg-en-Bresse, qui récupère le bonus offensif pour la première fois de la saison (31-6), démontre exactement le contraire. Vendredi soir, du côté de l'Ain, les choses n'avaient pourtant pas si mal commencé. " Sur le début de la rencontre, on est plutôt bien, analyse Sébastien Laulhé. On prend un essai sur un lancement de jeu (11e), ce qui est dommage, mais à la mi-temps, on n'est pas complètement largué (17-6, NDLR). Et puis notre première période n'est pas catastrophique ", confie le troisième ligne.

" À la mi-temps, on n'est ni abattu, ni défaitiste, complète l'arrière-ouvreur Guillaume Laforgue. Les discours sont positifs dans les vestiaires parce qu'on a envie d'envoyer du jeu. Les leaders ont pris la parole, tout comme Julien. " Et puis patatras ! Réduits à 14 juste avant la mi-temps, les Charentais mettent la pression à leur adversaire mais perdent trop de ballons. Bourg-en-Bresse se révèle opportuniste et efficace. Après 55 minutes de jeu, Dupont joue rapidement une pénalité et aplatit le deuxième essai. Debrach transforme, l'écart se creuse (24-6).

Un problème de règlement

" Sur cette action, je crois qu'il y a un vrai problème de règlement, conteste Sébastien Laulhé. Lorsqu'il y a deux soigneurs sur le terrain, ce qui était le cas, le jeu doit s'arrêter. On n'a pas le droit de jouer rapidement une pénalité dans ce cas-là. Si le mec se met à convulser, ce n'est pas possible d'aller marquer en même temps ! "

Mais l'essai est bien validé par le corps arbitral et les joueurs du SA XV rongent leur frein. Eux qui ont pour habitude d'accélérer dans les vingt dernières minutes, grâce notamment à l'apport du banc, continuent de sombrer au fil de la partie. " Tu perds un ballon, puis deux. C'est un cercle vicieux, tout s'enchaîne et tu commences à t'agacer, décrit Seb Laulhé. Pourtant, dans le combat et l'investissement, on savait qu'on allait être reçu. Sans leur manquer de respect, je ne crois pas qu'ils nous aient dépassés sur le rugby. Par contre, ils en voulaient plus que nous. "

Difficilement compréhensible

" Pour remporter une victoire à l'extérieur, il faut une conquête qui te permette d'exister, une bonne défense et de la discipline, pose Guillaume Laforgue. Sur ce match-là, comme sur le reste des matchs à l'extérieur, on a été défaillant. Nous avons été dominés en mêlée, même si nous n'avons pas été trop mauvais en touche. En défense, on subit les impacts alors que c'est notre force à domicile. Il y a encore trop de cartons reçus et on prend 12 pénalités sur la seule première période. "

Pour les rugbymen charentais, la différence de niveau entre matchs à domicile et à l'extérieur est difficilement compréhensible. " Franchement, c'est vraiment difficile de trouver les raisons de ce mauvais match, admet Guillaume Laforgue. Pourtant, on n'avait pas mal préparé la rencontre en faisant une bonne semaine d'entraînement. On avait vraiment envie de faire un résultat. On peut trouver des excuses à cette deuxième débâcle, comme l'alternance de matchs joués le dimanche et le vendredi, mais cela reste vraiment un point d'interrogation. Clairement, c'est un bloc décevant. "

Son compère béarnais ne dit pas autre chose. " Je ne sais pas si c'est un manque d'investissement ou si c'est plus du domaine du rugby, mais j'ai l'impression qu'on n'ose pas jouer à l'extérieur. On est crispé, alors qu'à Chanzy, on met notre projet de jeu en place, rage Sébastien Laulhé. On avait pourtant parlé après Bayonne. Derrière, on avait réagi contre "Oyo" puisqu'à dix minutes de la fin, on n'était pas loin derrière et qu'à Angoulême, contre le BO, on fait un très bon match. C'est bien beau de parler mais il faut traduire ça sur le terrain. Que tu perdes, c'est une chose, mais il faut mourir les armes à la main. Sur le prochain bloc, on reçoit trois fois. Cela va nous remobiliser. "