Ces deux dernières saisons, l'US Montauban avait pris l'habitude de s'inviter aux phases finales de Pro D2. Aux yeux de tous, le club était devenu un " gros " de la division et un candidat sérieux au Top 14 qu'il a déjà fréquenté. La musique n'est plus tout à fait la même cette année dans le Tarn-et-Garonne. Et cela malgré un budget en hausse, passé l'été dernier de 5,8 à 6,6, millions d'euros, et d'un effectif globalement stable. Mais comment et pourquoi l'USM, deuxième la saison dernière, se retrouve à défendre sa place en Pro D2 ? Analyse en quatre points de la situation des Montalbanais avant le déplacement angoumoisin de demain (20 heures) à Sapiac.

1 Après 24 journées : 27 points de moins que l'an passé

L'an passé, à l'aube de la 25e journée, les Montalbanais disposaient déjà de 76 points au classement. Ils ont finalement atteint les 92 unités à l'issue de l'exercice 2017-2018. Une remarquable performance. Aujourd'hui, et après autant de chemin parcouru, l'USM, 13e au classement, porte sa croix avec 49 petits points.

À seulement six unités du premier relégable (Colomiers), les Vert et Noir pourraient jouer leur survie en Pro D2 jusque dans les derniers instants. " C'est difficile de trouver des explications, les raisons sont forcément multiples, juge Jean-Yves Reygasse, président du directoire du club. On a mal commencé l'année et il est difficile de récupérer les points perdus. On a vécu deux ans dans l'euphorie avec des résultats supérieurs à ceux que l'on espérait. On n'a pas su pérenniser cela. Peut-être qu'il y a une fin de cycle. " C'est a priori ce que pense le coach et Charentais d'origine Pierre-Philippe Lafond, qui a annoncé début janvier qu'il vivait sa dernière saison sous la guérite de Sapiac.

2 Avant-dernière attaque de Pro D2 : 34 essais inscrits

C'est peu dire que les Montalbanais sont en difficultés dans le secteur offensif. 34 essais, c'est seulement deux de plus que Massy, condamné à la relégation depuis plusieurs semaines. Les Tarn-et-Garonnais limitent la casse grâce à leur imperméabilité. Avec seulement 47 essais encaissés (le SA XV en totalise 49), la défense sapiacaine se classe 9e de la division.

Pour retrouver de la confiance, l'USM recourt depuis janvier aux services de Denis Troch, préparateur mental et ancien coach et footballeur professionnel. " Une spirale négative s'est installée, concède Jean-François Reygasse. On cherche des solutions et Denis nous aide à mettre des mots sur cette incompréhension, sur ce manque de confiance des joueurs. Cela commence à porter ses fruits... "

3 Deux points retirés et l'alerte de la DNACG

Dès le début de saison, tout est allé de travers. Le 2 août, le club apprenait que neuf licences n'avaient pas reçu l'homologation nécessaire de la DNACG (Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion) pour " raisons financières ".

Si les rugbymen ont tous retrouvé le terrain avant septembre, les Montalbanais ont reçu un nouvel avertissement en décembre. Cette fois-ci, le club a perdu deux points au classement et encourait une amende de 20 000 euros, dont 15 000 avec sursis. Finalement, l'USM a récupéré ses points en appel et l'amende est en sursis.

4 Deux cartons rouges et une bagarre générale

Preuve d'une certaine fébrilité, les Montalbanais ne sont pas ressortis avec les honneurs du derby disputé lors de la dernière journée contre Colomiers. D'abord parce que Sapiac s'est incliné 23-19, mais aussi parce qu'une partie du collectif a complètement craqué. En fin de rencontre, le Montalbanais Pierre Klur et le Columérin Romain Mémain ont tous deux écopé d'un carton rouge. Des sanctions qui, au lieu de calmer les esprits, ont échaudé les plus fragiles. Durant plusieurs minutes, les deux formations se sont livrées à une bagarre de rue sur le pré, Pierre Klur revenant même à la charge.

Un comportement qui trahit une tension évidente. " Il faut condamner ce qu'il s'est passé même si nous sommes solidaires avec nos joueurs car nous n'étions pas sur le terrain, il y avait beaucoup de pression, justifie Jean-François Reygasse. Nous ne voulons détruire personne car nous aurons besoin de tout le monde pour décrocher le maintien. "