Auteurs d'un début de saison canon, les Carcassonnais ont marqué le pas cet hiver, ce qui a débouché sur une lente dégringolade au classement. Après deux défaites à domicile, contre Montauban et Oyonnax, les Audois doivent désormais aller chercher des points hors de leurs bases. Distançant de neuf unités le premier relégable, et distancé de huit points par le dernier qualifiable, l'USC caresse le secret espoir de basculer dans la partie haute du classement. Avant le déplacement de demain à Chanzy (20 heures), le manageur audois Christian Labit se confie.

" Sud Ouest " Après un bon début de saison, vous avez ensuite géré des moments plus compliqués avec une série de quatre défaites en novembre et décembre. Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?

Christian Labit Nous sommes dans le même état d'esprit qu'au début, notre priorité est d'abord le maintien. Nous avons eu des blessés à des moments cruciaux. Vu nos moyens, lorsqu'il manque six joueurs importants, le collectif s'en ressent. Mais on a retrouvé des hommes ces derniers temps et on s'est prouvé qu'on était capable de battre n'importe qui, comme Nevers ou Biarritz. Forcément, contre les meilleurs, ça fait du bien mais ce sont bien l'ensemble des victoires qui donnent cette confiance. Quand tu gagnes, tu es moins dans la recherche de solutions. On travaille dans la sérénité et la continuité.

Vous êtes le deuxième plus petit budget de Pro D2 (4,2 millions d'euros). Comment gérez-vous cela sur le plan sportif ?

Il ne faut pas se mentir, c'est d'abord l'argent la première source d'attractivité. Notre force, c'est le collectif. Sans faire offense à mes joueurs, on doit admettre qu'on n'a pas les meilleurs. Alors on doit découvrir des talents, rendre les hommes meilleurs et redonner vie à certains qui avaient été oubliés. Je m'appuie beaucoup sur ça et sur le plaisir à prendre. Cela marche puisque nous n'avons quasiment pas de joueurs qui nous quittent. Ce qu'ils ne trouvent pas sur le plan financier, ils le trouvent ailleurs. Nous faisions le point l'autre jour : nous sommes l'un des clubs qui inonde le plus le Top 14 avec douze joueurs passés et formés à Carcassonne. Même si c'est forcément usant aussi de voir partir les jeunes talents...

Vous n'avez remporté qu'un seul match à l'extérieur alors que vous avez été capable de battre des équipes du top 6. Qu'est-ce qui vous manque pour vous imposer hors de chez vous ?

C'est un tout. On ressent davantage le manque de qualité du groupe sur ces matchs-là. On a probablement un problème de joueurs clés à des moments cruciaux sur ces rencontres. Même si je crois qu'on doit gagner deux matchs de plus à l'extérieur. A Aix, comme pour beaucoup d'autres équipes, il y a eu des décisions arbitrales en fin de match qui font basculer la rencontre. A Aurillac, on aurait dû s'imposer. Mais bon, tout cela se joue sur des détails...

Vos derniers matchs semblent assez abordables avec notamment la réception de Bourg-en-Bresse et d'Aix et le déplacement sur la dernière journée à Massy, déjà condamné à la relégation. Qu'attendez vous de cette fin de saison ?

Effectivement, sur le papier, cela semble bien plus simple que sur certains blocs. Mais nous avons quand même du retard sur les autres, donc il ne faut pas s'enflammer. Pour espérer quelque chose, il faudra gagner deux fois à l'extérieur et tout remporter à la maison. C'est aussi une période où certains joueurs apprennent qu'ils ne sont pas reconduits. Beaucoup de choses se jouent dans les têtes. C'est dans cet état d'esprit qu'on va venir à Angoulême même s'ils sont sur une bonne période. On ne fait pas de bruit, on est à l'orée du bois, on est caché et on ne se pose pas de questions.

Angoulême est l'équipe qui reçoit le plus de cartons actuellement. Développe-t-on une tactique particulière face à ce genre d'équipe ?

Cela peut être le cas, surtout lorsque ce sont des joueurs bien particuliers, systématiquement fautifs. Une équipe sanctionnée, c'est une équipe qui a des défaillances quelque part. On est conscient de ça. C'est une donnée sur laquelle on a bossé. Mais les erreurs d'un jour ne sont pas forcément les erreurs du lendemain. Notre priorité est d'abord de retrouver notre jeu après cette trêve.