L'ADVERSAIRE S'il considère les matchs face au SA XV toujours particuliers, le manageur neversois Xavier Péméja aborde ce choc avec confiance. Normal, lorsque l'on se retrouve dans la peau du leader.

L'adversaire qu'affrontera Angoulême, demain soir à 20 heures, truste tous les podiums. Malgré sa petite expérience d'une Pro D2 qu'il a rejoint l'an passé, Nevers possède le plus gros budget de la division (12,4 millions d'euros). L'USON, c'est aussi la deuxième meilleure attaque (318 points inscrits dont 33 essais), et la troisième défense la plus hermétique du championnat (233 points encaissés et 21 essais). Le Pré-Fleuri est toujours une citadelle imprenable, cette saison, et les Nivernais occupent la place de leader au classement général. Un adversaire taille XXL pour les hommes de Julien Laïrle, qui se redonneraient bien un brin de confiance en réussissant un coup en déplacement. Avant ce choc entre deux clubs à la rivalité déjà exacerbée au temps de la Fédérale 1, Xavier Pemeja, manageur de l'USON, s'épanche sur l'ambiance qui règne à Nevers. Mais ne lui parlez pas de gros sous, vous risqueriez de l'énerver...

" Sud Ouest " Il y a quelque temps, vous disiez que vous étiez satisfait de vos résultats mais pas forcément du contenu produit par votre équipe. Est-ce toujours le cas ?

Xavier Péméja Ça va beaucoup mieux dans ce que l'on produit. Les résultats continuent d'être bons. On ne tient pas encore notre match référence mais nous sommes de plus en plus intéressants sur l'ensemble d'une rencontre. Même si nous avons connu dix minutes de relâchement le week-end dernier contre Carcassonne (Victoire 41-10, NDLR).

Votre budget est le plus conséquent de Pro D2, vous avez de très bons résultats sur le plan sportif. Revoyez-vous vos objectifs de début de saison à la hausse ?

(Il coupe, agacé) Certes, nous sommes le premier budget mais il faut regarder la masse salariale. Nous ne sommes que quatrièmes ou cinquièmes. Il y a des clubs qui ont le douzième ou treizième budget et qui sont devant nous en termes de masse salariale. Il faut voir ce qui est fait avec cet argent. Il faut venir à Nevers pour voir le centre d'entraînement, le stade. Il n'y a rien qui nous a été offert par la mairie. Il faut constater aussi de ce que l'on fait en termes de formation, de suivi du joueur, des soins etc... Nous avons terminé à la septième place l'année dernière donc on veut forcément faire mieux et nous qualifier. C'est notre objectif depuis le départ. Nevers est un club qui met les moyens où il faut pour réussir.

On vous sent concerné par la structuration du club. Vous vous projetez sur le long terme en Bourgogne ?

Le président à la tête du club est proche des gens. Ici, tout le monde est à fond. On partage une grosse responsabilité : celle de le suivre car c'est une véritable locomotive. Notre groupe est jeune avec une moyenne de 26 ans derrière et de 25 ans devant. Le club est tourné vers l'avenir. Je ne sais pas quand, mais ce groupe montera. Je ne sais pas si je serai encore là. Tout est mis en place pour cet objectif.

Pour l'instant le groupe enchaîne les performances et s'est déjà imposé à deux reprises à l'extérieur...

Chaque journée est une nouvelle histoire et je ne sais pas si l'on sera aussi performant en fin de saison. Il n'y a eu que très peu de changements cet été dans le groupe, ce qui explique peut-être ces résultats. Notre groupe est jeune et avance doucement, mais sûrement. Je suis certain qu'il va réussir. Ils se sont tous mis au boulot et sont de vrais professionnels. Ils sont quasiment tous en contrat jusqu'en 2021. Il y a de la confiance et de l'investissement.

Quelle sera la physionomie, selon vous, du match de demain ?

On a joué dimanche dernier donc nous avons eu peu de temps pour récupérer. On reçoit deux fois de suite et tous les coachs vous diront que c'est très dangereux. Contre Carcassonne, c'est un bon résultat, il y a eu beaucoup d'euphorie. Mais il fallait vite redescendre. Il va falloir se concentrer très fort car les matchs entre Angoulême et Nevers sont toujours très durs et très tendus. Angoulême possède énormément de ressources et peut aussi prétendre à la qualification. Si on veut le faire, il faut tout gagner à la maison. On a réussi à prendre cette première place, il faut réussir à la conserver.

Pouvez-vous nous dire un mot sur Ilikena Bolakoro, passé par Angoulême en 2016-2017 ?

Nous avions récupéré " Bola " en joker médical. Il vivait une grosse déception par rapport au fait d'avoir été abandonné. Il a eu du mal à se relancer chez nous au départ. Puis il a fait une saison extraordinaire en étant très performant. On a retrouvé le " Bola " que je connaissais plus jeune. Malgré son âge, nous avons décidé de lui faire confiance une saison de plus et de le prolonger.