LE MATCH Déjà vu en début de compétition, le duel France-Russie s'annonce comme un choc. L'objectif est de gagner un premier Euro.

Les championnes du monde tricolores affrontent cet après-midi à 17 h 30 les championnes olympiques russes. Le duel final pour clore cet Euro est prestigieux. Le nom du vainqueur sera également inédit : aucune de ces deux formations n'a remporté la médaille d'or d'un championnat européen. Un bref retour en arrière installe les Russes en position de favorites. Lors du match d'ouverture de la compétition, la Russie avait pris le meilleur sur la France (victoire 23-26, le jeudi 29 novembre), tout comme en finale des Jeux Olympiques de Rio (victoire 19-22, en 2016).

Mais pour la capitaine des Bleues, Siraba Dembélé-Pavlovic, l'avantage psychologique n'est pas si évident. " Peut-être qu'elles sont en confiance mais sur une finale, c'est du 50/50. On est piqué parce qu'on a perdu ce premier match. On a envie de prendre notre revanche. On n'avait pas super bien joué et on a progressé tout au long de la compétition. "

Dembélé-Pavlovic l'experte

L'ailière gauche est revenue en France l'été dernier après deux saisons passées à Rostov-Don, le meilleur club russe de la scène internationale. Elle est probablement celle qui a observé au plus près l'adversaire puisque huit joueuses évoluent actuellement à Rostov-Don. " C'est une équipe qui a de la qualité à tous les postes ", reconnaît-elle. " Quand tu arrives à en maîtriser une ou deux, tu en as toujours une autre qui prend le relais. Leur coach, Tréfilov, les sélectionne sur leurs qualités pures. C'est pour ça que ça explose de tous les côtés. Elles savent faire énormément de choses individuellement. "

Mais ces deux dernières semaines, l'équipe de France a sans cesse élevé son niveau de jeu. Réputées pour leur solidité défensive, les Bleues s'appuient désormais sur un secteur offensif redoutable. Le plus efficace de la compétition avec 66 % de réussite au tir. Les Russes arrivent juste derrière, à 63 %.

L'arrière droite, Anna Vyakhireva, brille particulièrement et mène les assauts russes. Sans intimider avec son mètre 68 et ses 62 kilos, elle impressionne par sa vista. En demi-finale contre les Roumaines, la joueuse avait scoré à treize reprises. " C'est l'une des meilleures joueuses au monde ", diagnostique la capitaine des Bleues. " Elle est exceptionnelle et sait tout faire. " De quoi provoquer un plan " Anti-Vyakhireva " ? " On y travaille, bien sûr ", sourit-elle. Du côté des Russes, on se défend bien sûr de tout avantage. " Ça va être un match très dur, annonce la Russe Anna Sen. Les Françaises ont deux très bonnes gardiennes et réalisent une belle compétition. Pour nous, jouer contre le pays hôte est très excitant. "

Travail et diversité des talents

Pour l'emporter cet après-midi l'équipe de France devrait continuer à s'appuyer sur deux éléments essentiels qui ont fait son succès : le travail et la diversité de ses talents. " On est perpétuellement dans la remise en question ", affirme Siraba Dembélé-Pavlovic. " Des jeunes qui arrivent, comme Orlane Kanor, nous permettent de diversifier notre jeu d'attaque. Cela joue beaucoup. " Après la demi-finale remportée contre les Pays-Bas vendredi (21-27), Olivier Krumbholz expliquait que ses joueuses s'étaient retrouvées, comme à leur habitude, quatre heures avant le match pour échanger longuement entre elles.

La démarche peut paraître banale mais cela permet d'évoquer toutes les manières dont la rencontre pouvait se dérouler et parer à toutes les éventualités. " C'est tout à fait remarquable. Plus on est sérieux, plus on exprime nos qualités. Depuis deux ans, on a fait trois finales en quatre compétitions. Notre équipe est stable, prête à relever ce défi même si la Russie est une très grosse équipe. Nous avons montré qu'à notre meilleur niveau, nous pouvons battre n'importe qui. "