L'équipe de France affronte mercredi 12 décembre à 21h la Serbie avec l'espoir de se qualifier pour les demi-finales de l'Euro de handball. Nouvelle arrivée au sein de l'effectif, la pivot Pauletta Foppa, 17 ans, est devenue la plus jeune joueuse de l'histoire à disputer une compétition avec les Bleues. Elle nous livre ses impressions, en plein championnat d'Europe.

Pauletta Foppa répond très naturellement aux questions qu'on lui adresse, souvent en riant, assise dans le canapé de l'hôtel des Bleues à Nantes. A 17 ans, la jeune fille fait une entrée remarquée au plus haut niveau international. Si elle est la joueuse la moins utilisée du groupe sur les cinq premières rencontres, son talent saute au yeux. En dix-huit minutes de jeu, Pauletta Foppa a inscrit quatre buts pour cinq tentatives. Autant ou plus que les deux principales titulaires à son poste, Béatrice Edwige (3 heures 42 minutes de jeu, 4/6 au tir) et Astride N'Gouan (54 minutes de jeu, 2/3 au tir).

Sollicitée lors des ultimes minutes de l'opposition bouillante contre la Suède dimanche 9 décembre (score final 21-21), Pauletta Foppa bénéficie peut-être déjà d'une certaine confiance de la part du staff. Pour autant, celle qui évoluait en troisième division il y a encore deux saisons à Montargis n'a encore rien accompli « chez les grandes ». La pivot d'1m77 a tout à prouver au sein d'une équipe championne du monde en titre. Alors, sans stresser, Pauletta Foppa tente de faire au mieux dans cet Euro. Son expérience de capitaine en équipe de France cadette l'aide à appréhender la compétition.

« Ca bouscule pas mal… »

« Aujourd'hui, je me sens bien, sourit-elle simplement. L'ambiance est totalement différente par rapport aux sélections avec les jeunes. Mon statut n'est pas le même. Ici, il y a beaucoup d'intensité. Dès qu'on sort du bus, il y a des caméras et les filles sont déjà concentrées. Avec les cadettes, c'était limite nous qui nous filmions ! rigole-t-elle. Sur le premier match contre la Russie, quand on est rentré sur le terrain pour s'échauffer, on s'est tout de suite fait applaudir par le public. Ca bouscule pas mal…»

De quoi mettre mal à l'aise ? « Ah non, j'aime trop ça ! Quand on a des coups de mou, comme contre le Monténégro, et qu'on a eu besoin de soutien, j'ai vu Béatrice se lever et demander au public de nous pousser. Les gens ont tout de suite réagi. Des moments comme ça, c'est très cool. »

Pas vraiment impressionnée par la lumière des projecteurs ou le statut de stars de ses adversaires, Pauletta Foppa observe la concurrence. « Je pensais la pivot norvégienne Heidi Locke bien plus grande ! Ca m'a surpris quand on a joué contre elle en Golden League juste avant l'Euro, glisse-t-elle. J'adore son jeu. Elle est tout le temps en mouvement. »

Au sein de la sélection nationale, Pauletta Foppa apprécie l'équilibre entre rigueur et décontraction. « L'ambiance n'est pas stricte en équipe de France. A l'entraînement, il ne faut pas être trop sérieuses, sinon on ne prend pas de plaisir. A l'échauffement par exemple, on fait souvent des jeux « les jeunes contre les vieilles ». Ca fait une bonne entrée en matière pour la séance derrière. Olivier[1] prend souvent parti pour les jeunes et ça énerve les anciennes (rires). »

Là pour apporter son originalité

Troisième à son poste, derrière Béatrice Edwige et Astride N'Gouan, la jeune fille apprend de ses coéquipières. « Je discute beaucoup de nos combinaisons stratégiques avec elles. Il y a certains enclenchements que je remets à ma sauce…Olivier m'a demandé de ne pas rester trop stéréotypée sur mon jeu. Il m'a dit que j'étais là pour apprendre mais aussi pour apporter mon originalité. J'échange aussi pas mal avec les demi-centres. » Avec Allison Pineau, sa coéquipière en club à Brest, des automatismes se créent. « Je sais comment elle fonctionne et inversement. On essaie de se mettre au service l'une de l'autre. On n'a presque pas besoin de se parler. Bien sûr, je dois travailler mon lien avec toutes les joueuses pour que cela marche au mieux. » Remarquable dans sa brise de balle, Pauletta Foppa possède toutes les qualités pour devenir une très grande pivot d'attaque. En défense, l'athlète veut progresser. « Je dois prendre des informations et des décisions plus rapidement. Les adversaires repèrent les jeunes qui ne défendent pas bien pour foncer sur elles. »

« Elle a une main exceptionnelle, affirme la taulière Béatrice Edwige. A son âge, je n'avais jamais vu ça. Même si elle doit continuer de travailler. En défense, je lui dis qu'avec les filles expérimentées qu'elle a derrière, elle peut sortir du plan de jeu. C'est le conseil qu'Olivier m'avait donné quand je suis arrivée. En attaque, je ne peux pas lui donner de conseil, elle est presque meilleure que moi! »

L'apprentissage du haut niveau

Lorsque la compétition s'achèvera, Pauletta Foppa rentrera quelques jours dans sa famille pour fêter ses 18 ans, le 22 décembre. Avec des souvenirs plein la tête et le métier qui rentre. « J'ai fait une erreur, c'était de lire un article sur moi et les commentaires qui vont avec. Honnêtement ce sera la dernière fois. J'ai lu des choses comme « Elle a pris la place de Laurisa Landre[2] » ou bien « Si Laurisa était là, elle n'aurait jamais été sélectionnée ». Olivier nous avait dit de ne pas le faire. Maintenant j'ai appris ! Tu n'as pas envie de voir ça. Ca peut te mettre mal à l'aise. Je vais plutôt me concentrer sur la fin de la compétition.»

A Nantes, Mejdaline Mhiri

[1] Olivier Krumbholz, coach de l'équipe de France.

[2] La pivot de Metz s'est blessée avant la compétition et n'a pas pu reprendre à temps.